Les bâtiments de justice à Pontoise

Les bâtiments de justice à Pontoise

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Les bâtiments de justice à Pontoise

« Regrouper, moderniser » : tel est le leitmotiv ayant présidé à la construction de la cité judiciaire de Pontoise qui célèbre ses 20 ans en 2026.

A la Révolution, la justice devient exclusivement une fonction relevant de l’Etat. A Pontoise, le Grand Vicariat, ancien bien religieux confisqué comme bien national, est transformé pour devenir le tribunal civil de première instance, compétent pour l’arrondissement. Il traite les affaires civiles, commerciales mais aussi correctionnelles pour certains délits.

Les évolutions aux XIXe et XXe siècles

En 1875, les locaux du tribunal, comme ceux de la prison du centre-ville, étant devenus trop petits, le conseil général de Seine-et-Oise choisit une parcelle vierge en dehors des murs pour bâtir une prison et un tribunal, qui ouvre en 1885. En 1899, un tribunal de commerce est créé, mais, faute de place, il est installé dans les locaux de la mairie. En 1934, un nouveau tribunal est bâti dans un style Art Déco, sur la place Nicolas Flamel, tandis que le tribunal de commerce rejoint en 1940 le bâtiment du XIXe siècle. Par la suite, des extensions sont régulièrement édifiées : en 1956, 1972, puis en 1982 avec une annexe rue Pierre-Butin.

De nouveaux besoins

Les magistrats pointent les difficultés dues à l’éclatement des sites dès le milieu des années 1980. Les avocats se mettent en grève. La population du département a doublé entre 1962 et 1990 et l’activité juridictionnelle ne cesse d’augmenter, la durée des procédures s’allonge.
Dès 1991, le conseil général du Val-d’Oise soutient le projet d’une cité judiciaire sur le site de la prison, qui vient d’être désaffectée au profit de celle d’Osny. Les autres tribunaux d’Ile-de-France ont été dotés de nouveaux locaux : Pontoise est alors le dernier à ne pas avoir évolué. Le ministère de la Justice prend en 1992 la décision de réunir les deux parcelles de l’ancienne prison et du tribunal du XXe siècle pour édifier, sur 27 000 m², une nouvelle cité judiciaire.

Un projet d'ampleur

Il s’agit d’un projet d’ampleur pour les Pontoisiens qui découvrent la maquette en février 1998, exposée à l’hôtel de ville. Si les premières réflexions prévoyaient de conserver le bâtiment historique du XIXe siècle, cette éventualité disparaît rapidement. Des associations de riverains s’inquiètent ; les commerçants défendent en revanche le maintien de la cité judiciaire en centre-ville.
En 1997, le concours d’architecture voit le projet confié à Henri Ciriani (1936-2025), choisi parmi les sept propositions formulées par de grands noms de l’architecture. Henri Ciriani s’inscrit dans le mouvement moderniste et dans l’héritage de Le Corbusier. Il a alors réalisé des logements sociaux et deux grands musées, à Péronne et à Arles. Soucieux de l’humain, exigeant, engagé, il considère la lumière comme le premier des matériaux. Henri Ciriani allie les codes architecturaux promus par le ministère et sa recherche d’humanité, ambitionnant un bâtiment à la « dimension noble et généreuse ».
Le terrain présente des contraintes : un environnement pavillonnaire et une forte dénivellation de 12 mètres, que l’architecte met à profit en choisissant une volumétrie simple de deux bâtiments reliés entre eux au niveau de l’entrée. D’un côté intégré dans le tissu urbain et très horizontal, l’édifice s’élève côté centre-ville, en s’appuyant sur le talus originel, et marquant la ville de sa présence.

De la première pierre à l'inauguration

Les travaux débutent à Pontoise en 2002, sous la direction de l’agence de maîtrise d’ouvrage des travaux du ministère de la Justice (AMOTMJ) et de la Direction départementale de l’Equipement (DDE) du Val-d’Oise. La phase 1 du chantier se déroule sur la parcelle nord : le bâtiment du XIXe siècle est détruit. Le tribunal de commerce a temporairement été relogé dans l’ancienne caisse d’épargne, mise à disposition par la Ville de Pontoise.
Sur la parcelle sud, le palais de justice situé place Nicolas Flamel continue de fonctionner, jusqu’à un incendie criminel le 30 décembre 2002, qui laisse les professions judiciaires sous le choc. Le bâtiment est condamné. En plus de l’annexe rue Pierre-Butin, l’activité juridictionnelle se poursuit depuis l’immeuble Le Galien, à Cergy, tandis que la deuxième tranche des travaux débute par anticipation.
En juillet 2004, le garde des Sceaux Dominique Perben reçoit les clés de la première tranche. Les travaux sont achevés un an plus tard, avec 18 mois d’avance sur le calendrier initial. Le public découvre le bâtiment, sa lumière, ses couleurs dont certaines compositions sont inspirées par Matisse.

Le 19 janvier 2006, la nouvelle cité judiciaire est inaugurée par le ministre de la Justice Pascal Clément, faisant de la cité judiciaire le premier tribunal de Pontoise à être officiellement inauguré !

 Cécile Ribet, Service Conseil, collecte, traitement
Direction des Archives départementales du Val d’Oise
Janvier 2026

 

Pour en savoir plus

Fonds d’archives

Archives départementales du Val-d’Oise

Construction et entretien du palais de justice de Pontoise (1882-1952), [4 N 143-148, 488-489].

Exposition « Pontoise. La justice au cœur de la ville », octobre 2007, et dossier documentaire associé. Direction de l’Action culturelle du Conseil général, [3120 W 15].

Archives municipales de Pontoise

Photographies de l’incendie du tribunal et de la visite du secrétaire d'Etat Bédier (2022-2003), [7 Fi 4642 et 4643, 10 Fi 7763].

 Orientations bibliographiques

LOUIS, Floriane, « Le Grand Vicariat de Pontoise », Mémoires de la Société historique et archéologique de Pontoise, du Val-d’Oise et du Vexin, tome LXXXVII, 2005, p. 135-211 [REV 18 2005].

La Gazette du Val-d’Oise [PER 70].

L’Echo-Le Régional [PER 48].

Le Parisien édition Val-d’Oise [PER 199].

Sitographie

AGOSTINI, Alice, « Henri Ciriani dans le champ de l’Histoire ». Thèse en histoire de l’architecture, 2024 [consulté le 10/01/2026].

KOUAKOU-EKRA, Aurélie, « La prison de Pontoise », 2020 [consulté le 10/01/2026].

MENGIN, Christine, « Deux siècles d'architecture judiciaire aux États-Unis et en France », Histoire de la justice, n° 21/1, 2011, p. 191-211 [consulté le 10/01/2026].

« Le Palais de justice de Pontoise », plaquette de l’Agence de maîtrise d’œuvre des travaux du ministère de la Justice (AMOTMJ), 2006.  [consulté le 10/01/2026].

 


  • Musée Tavet, ancien Grand Vicariat, rue Lemercier.
  • Inventaire annuel du mobilier du tribunal.
  • Détail du plan d’intendance de Pontoise.
  • Enquête publique pour la reconstruction du tribunal et la maison d’arrêt de Pontoise.
  • Le rez-de-chaussée de la prison cellulaire de Pontoise.
  • Adjudication des travaux de construction du palais de justice de Pontoise.
  • Façade du tribunal de Pontoise en élévation.
  • Rez-de-chaussée du tribunal de Pontoise.
  • Article de presse annonçant l'ouverture du nouveau tribunal de Pontoise.
  • Le palais de justice.
  • Dans la presse : effraction au nouveau palais de justice !
  • Vue aérienne de Pontoise.
  • Le palais de justice " Art Déco ".
  • Illustration pour un devis relatif à l'installation téléphonique.
  • L'entrée du tribunal de grande instance.
  • Emplacement du palais de justice dans la ville.
  • Vue sur la place Nicolas Flamel, depuis l’ancienne maison d’arrêt, avant sa démolition.
  • Entrée de l’annexe du palais de justice, rue Pierre Butin.
  • Le moulin Codet.
  • Cour d’assises dans l’annexe, rue Pierre Butin.
  • L’implantation des lieux de justice dans Pontoise.
  • La destruction du tribunal de commerce.
  • Carton d’invitation à la pose de la première pierre de la cité judiciaire adressé au préfet du Val-d’Oise.
  • Programme de la visite ministérielle après l’incendie du tribunal de grande instance.
  • L'entrée du palais de justice.
  • Article de presse présentant le nouveau palais de justice.