Mathilde, une princesse à Saint-Gratien

Mathilde, une princesse à Saint-Gratien

13 image(s)

  • Portrait de la princesse Mathilde [1854], ADVO, 2 Fi 7 37.
  • Portrait de la princesse Mathilde par le comte Primoli [1870-1880], ADVO, 2 Fi 7 38.
  • Le château vu du parc [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 6.
  • Le château Catinat, du côté du parc [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 26.
  • Terrasse de la chambre de la princesse, vue sur le parc, côté du lac d’Enghien, 1901, ADVO, 2 Fi 7 22.
  • La ferme et l’étang [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 27.
  • Promenade en barque sur le lac d’Enghien [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 55.
  • Un coin de l’atelier – le bureau de Son Altesse Impériale [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 15.
  • Le grand salon d’entrée [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 11.
  • Le coupé de Son Altesse Impériale devant l’asile Mathilde à Neuilly, [1862-1903], ADVO, 2 Fi 7 53.
  • La princesse Mathilde et le prince Louis Napoléon [1874-1884], ADVO, 2 Fi 7 48.
  • Son Altesse Impériale et M. Hébert [1900-1903], ADVO, 2 Fi 7 56.
  • Son Altesse Impériale la princesse Mathilde – sa première sortie après l’accident, 1903, ADVO, 2 Fi 7 62.

Connaissez-vous Mathilde Letizia Whilelmine Bonaparte (1820-1904) ?

A l'occasion du deux-centième anniversaire de sa naissance, nous vous la présentons. La « princesse Mathilde » est née à Trieste (Italie) le 27 mai 1820. Nièce de Napoléon 1er par son père, elle était aussi apparentée à toute l’aristocratie européenne par sa mère, Catherine de Wurtemberg. Arrivée en France en 1841 avec son mari, le comte russe Anatole Demidoff (1813-1870), elle s'en sépara officiellement en 1846 et vécut dès lors avec le comte Emilien de Nieuwerkerke (1811-1892). Celui-ci fut nommé en 1853 intendant des Beaux-Arts de la maison de l’Empereur. 

Elle occupa de 1848 à 1853 la place de « maîtresse de maison » auprès de son cousin Louis-Napoléon (1808-1873), d’abord à l’Elysée, puis au palais des Tuileries après son coup d’Etat. Elle dût laisser ensuite ce rôle à Eugénie (1826-1920), devenue impératrice. 
Elle tissa un lien particulier avec le territoire du Val-d’Oise à partir des années 1850, lorsqu’elle découvrit la petite commune de Saint-Gratien, en bordure du lac d’Enghien.
Elle y acheta en 1851 le Château Neuf, une demeure construite vers 1806 pour le comte de Luçay, préfet du palais des Tuileries. Cinq années plus tard, elle acquit également le château ayant appartenu au maréchal Catinat, officier de Louis XIV. En quelques années, au gré de nouvelles transactions, les deux bâtisses furent intégrées à un domaine de quelque 27 hectares, agrémenté de diverses dépendances.
La princesse Mathilde passait là ses printemps et ses étés, retrouvant son domicile parisien à la mauvaise saison. Quoique discrète durant ses séjours, elle s’investit auprès de la commune en finançant la mise en place de nombreuses infrastructures : voirie, éclairage public, lavoir couvert, mairie-école, église…
Femme d’esprit, elle était reconnue comme amie et protectrice des arts. Son ami Charles-Augustin Sainte-Beuve inventa pour désigner son action l’expression de « ministère des grâces ». Cette dernière fut reprise par un autre des fidèles de la princesse, Edmond de Goncourt, pour décrire le domaine de Saint-Gratien, « aimable domicile du gouvernement des arts et de la littérature ». La princesse, elle-même peintre et dessinatrice, y recevait en effet les plus proches des artistes, auteurs et scientifiques qui fréquentaient son salon parisien. Outre Sainte-Beuve et les frères Goncourt, Gustave Flaubert, Théophile Gautier, Ernest Renan, Marcel Proust, mais aussi Eugène Viollet-le-Duc, Jean-Baptiste Carpeaux, Alexandre Cabanel firent partie du cercle des « familiers » admis dans ce havre de paix si précieux aux yeux de Mathilde. 
En 2019, la Direction des Archives départementales du Val-d’Oise ont acquis avec l’aide financière des Archives de France, lors d’une vente aux enchères, un album de 158 photographies consacré à la princesse Mathilde. Il a été constitué après son décès en 1904, sans doute par une de ses amies, la baronne de Neuflize. On y trouve des clichés connus, d’autres moins : portraits et scènes de vie y côtoient des vues intérieures et extérieures de son hôtel parisien de la rue de Berri mais surtout de sa villégiature à Saint-Gratien. 
Nous vous proposons ici quelques-unes de ces photographies, recadrées des planches de cet album, souvenirs d’un temps révolu et d’un lieu disparu : si le château Catinat abrite aujourd’hui des services de la mairie, le Château Neuf et le parc ont fait l’objet de programmes de lotissement immobilier après le décès de la princesse Mathilde.

Roselyne Chapeau, service des archives communales et de l'inventaire du patrimoine
Direction des Archives départementales du Val-d’Oise
Mai 2020

Pour en savoir plus


Orientations bibliographiques


Palais Fesch-musée des Beaux-Arts, Un soir chez la princesse Mathilde, une Bonaparte et les arts. Milan-Ajaccio : Silvana Editoriale, Palais Fesch-musée des Beaux-Arts, 2019, 383 p., ill. (catalogue de l'exposition du 27 juin au 30 septembre 2019). [BIB 4/2232]

Mathilde Bonaparte, une princesse sur les bords du lac d'Enghien. Saint-Ouen-l'Aumône : Editions du Valhermeil, 2010, 47 p. (exposition au Centre culturel François Villon, Enghien-les-Bains, du 16 janvier au 15 avril 2010), [BIB D 3926]

CASTILLON DU PERRON, Marguerite, La princesse Mathilde, un règne féminin sous le Second Empire. Paris : Perrin, [1963], 344 p. ill. [BIB 8/1931]

NEU, Jean-Paul, « La princesse Mathilde vue par les Goncourt, les grandes heures de Saint-Gratien au XIXe siècle », Vivre en Val-d’Oise. Saint-Ouen-l’Aumône, Editions du Valhermeil, 25, 1994, pp 44-49. [BIB Rev161]

Sitographie


PENET Lyne, La princesse Mathilde contre le baron Haussmann, juin 2018.