L'ostension de la Sainte Tunique à Argenteuil (Val-d'Oise) en 1934

Le bâtiment « Samouraï » actuel Tribunal administratif de Cergy-Pontoise

Entrée avec enseigne du Crédit Lyonnais. Photographe :  Michel Ricard. diapositive EPA "Samourai", Juillet 1991, ADVO,  1532 W 0 14

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Un bâtiment au nom japonais: le Samouraï

L’immeuble le Samouraï est situé sur le boulevard de l’Hautil à Cergy-Pontoise et a été construit de mai 1989 à avril 1990 par la société Sercib France, spécialisée dans les secteurs immobilier d’entreprise et résidentiel. Comme le spécifie le permis de construire de 1988, il y a la volonté de construire un bâtiment vertueux, esthétique et fonctionnel dans un respect de l’environnement, de l’humain et de l’art. L'emplacement, pourtant une parcelle de terrain jugée exiguë en centre de la ville nouvelle, a été déterminant dans le fait que cette société réponde au projet financé par la Caisse de retraite d’Air France :
- son emplacement prestigieux à proximité d’un réseau de communication privilégié aux portes de Paris ;
- de nombreux commerces tels que le centre commercial des Trois Fontaines et ses restaurants ;
- la proximité de l’Hôtel de police.
Les 3 200 m2 de surface ont été alors loués, au Crédit Lyonnais.

Une architecture aux airs nippons

L’architecte du bâtiment le Samouraï, Jean-Jacques Masson (1948-) le voulait en harmonie avec l'urbanisme de la ville nouvelle. Il a créé une architecture en regard de celle de l’hôtel de police, conçue par Roger Taillibert (1926-2019), les parcelles étant limitrophes. Il est également le concepteur du bâtiment l’Athéna, boulevard de la Viosne et de l'Oise.
Jean-Jacques Masson, contacté, dit se souvenir encore de l’inauguration le 5 avril 1990 qui, en plus de la traditionnelle coupure de ruban, a donné lieu à une démonstration d’arts martiaux qui ont abimé les faux-plafonds neufs ! Une exposition d’armures traditionnelles de samouraï, ainsi qu’une rétrospective du célèbre peintre contemporain japonais Foujita ont fait honneur à l’art nippon présent sur le bâtiment. 
En effet, un samouraï est représenté sur un médaillon vitré de la façade d’entrée. Il fait référence au « bon samouraï », appelé Inazuka Shino Moritaka, héros de la nouvelle de Takizawa Bakin (1767-1848), celui-ci étant reconnu pour être protecteur des enfants dans les mythologies japonaises. Il a été reproduit par sérigraphie sur du verre miroir, ce qui a valu, pour l’anecdote, quelques carambolages de voitures provoqués par l’éclairage du verre la nuit ! La société Sercib devient alors précurseur de la communication sur les vitrages et est réputée depuis comme un maître d’ouvrage donnant une forte personnalité aux bâtiments qu’il construit. 
Ce médaillon monumental ainsi que les toriis rouges fidèles aux portails traditionnels japonais anciennement implantés sur le toit du bâtiment, rappelaient une entrée de sanctuaire. Comme l’évoque Jean-Jacques Masson sur le ton de la plaisanterie, en aucun cas ces éléments japonais ne figuraient au permis de construire, ni n'étaient en lien avec le jumelage entre la province d’Osaka et le Département du Val-d’Oise en 1984. Au cours de l'avancée du projet, il lui avait été demandé d'ajouter des figures de l'Empire du soleil levant sur le bâtiment.

Des « échauffourées » au Tribunal administratif

Dès septembre 2000, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'installe à la place du Crédit Lyonnais.
Dans une volonté de neutralité de l'administration, l’œuvre japonaise est alors retirée de la façade et du toit malgré l’opposition de l’architecte Jean-Jacques Masson affirmant que celui-ci n’est pas un bâtiment banal et qu’il en possède la propriété intellectuelle. Pour le promoteur Sercib France l’immeuble fait partie intégrante de la ville nouvelle et du patrimoine de Cergy. Ces arguments n’ont pas suffi, le samouraï représenté sur la porte d’entrée n’étant qu’une copie d’une célèbre estampe japonaise.
Ce tribunal administratif a été créé dans le but de décongestionner les tribunaux franciliens. Sa compétence territoriale comprenait les départements du Val-d’Oise et de la Seine-Saint-Denis. Depuis le 1er janvier 2010, il traite les dossiers de litiges des citoyens avec les administrations et les conflits entre agents publics et employeurs du Val-d’Oise et des Hauts-de-Seine.

Novembre 2020
Juliette EPAIN, médiatrice culturelle 
Direction des Archives départementales du Val-d'Oise