1914-1918 : le Camp retranché de Paris

Le Camp retranché de Paris

Affichage plein écran Tranchée en baïonnette découverte à Cergy (Val-d'Oise) - <p class="description">© J.-G. Pariat, SDAVO, CG95.
Mise au jour lors d'un diagnostic archéologique, elle se caractérise par des créneaux destinés à éviter les tirs en enfilade et à se protéger des bombardements En dehors des zones forestières, les vestiges du Camp Retranché de Paris ont le plus souvent été comblés ou ont disparu. Certains restent cependant visibles en photographie aérienne ou sont mis au jour lors de chantier archéologique, comme ici.</p>

© J.-G. Pariat, SDAVO, CG95. Mise au jour lors d'un diagnostic archéologique, elle se caractérise par des créneaux destinés à éviter les tirs en enfilade et à se protéger des bombardements En dehors des zones forestières, les vestiges du Camp Retranché de Paris ont le plus souvent été comblés ou ont disparu. Certains restent cependant visibles en photographie aérienne ou sont mis au jour lors de chantier archéologique, comme ici.

À la veille de la Grande Guerre, le territoire du Val-d'Oise est une zone stratégique du Camp Retranché de Paris. Aménagé dans toute l’Île-de-France dans un rayon de 30 kilomètres autour de Paris, ce vaste dispositif consiste en un réseau de tranchées, d’abris et de positions d’artillerie ; l'ensemble, relié par d’étroites voies ferrées, intègre les forts plus anciens établis sur un modèle du général Séré de Rivières. Cette enceinte, la dernière d'une longue série depuis Philippe Auguste, est conçue pour répondre aux menaces de l’artillerie de l’époque et sa partie nord, qui se trouve chez nous, est censée faire rempart face à une invasion allemande très redoutée depuis la guerre de 1870.

Le Camp Retranché de Paris est armé dès la mobilisation et de nombreux habitants contribuent à le renforcer. Début septembre 1914, les Allemands s’en approchent dangereusement avant de se replier sur l’Aisne après la Première bataille de la Marne. Notre territoire est dès lors épargné par les combats durant toute la guerre et les fortifications sont peu à peu abandonnées. En revanche, le territoire va jouer un rôle important dans la défense aérienne, grâce à l'implantation de centres de formation et de nombreux postes de DCA.

Le bois est un matériau stratégique : il est en effet indispensable au soutènement des tranchées et à la fabrication des crosses de fusils ou des fuselages des avions. L’exposition souligne le rôle important de la forêt dans l’approvisionnement des armées. Ses gestionnaires des Eaux et Forêts sont immédiatement intégrés au Génie militaire comme chasseurs forestiers, ils assurent une exploitation raisonnée du bois et appuient les troupes.

Oublié depuis un siècle, le Camp Retranché de Paris subsiste à travers les forts Séré de Rivière et les très nombreuses traces d'aménagements plus légers et donc moins visibles, comme les tranchées ou les positions d’artillerie.


En forêt de Montmorency

Affichage plein écran Tranchée Bessancourt - <p class="description">Batterie 109 de Bessancourt (Val-d'Oise) en 1915. Dessin de Jules-Raymond Koenig, Archives départementales du Val-d’Oise, 1Fi23-2.
Le Camp Retranché de Paris est constitué d'un réseau de tranchée, de fils de fer barbelé et de batteries de tir relié par des voies ferrées étroites. La batterie 109 est une des 72 batteries de canons installées dans le Val-d’Oise pendant la guerre. On remarque sur cette vue l’utilisation massive du bois et la voie ferrée qui parcourt la forêt de Montmorency sur 11 km. 
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Batterie 109 de Bessancourt (Val-d'Oise) en 1915. Dessin de Jules-Raymond Koenig, Archives départementales du Val-d’Oise, 1Fi23-2. Le Camp Retranché de Paris est constitué d'un réseau de tranchée, de fils de fer barbelé et de batteries de tir relié par des voies ferrées étroites. La batterie 109 est une des 72 batteries de canons installées dans le Val-d’Oise pendant la guerre. On remarque sur cette vue l’utilisation massive du bois et la voie ferrée qui parcourt la forêt de Montmorency sur 11 km.

Affichage plein écran Image LIDAR de la batterie n°118 du Camp Retranché de Paris.  - <p class="description">© C. Dardignac, S. David, ONF, 2014.</p>

© C. Dardignac, S. David, ONF, 2014.

Dans les forêts d'Île-de-France, ces traces sont souvent à peine érodées, juste envahies par la végétation. Dans la forêt de Montmorency, le Service départemental d’archéologie du Val d’Oise et l’Office national des forêts ont mené une reconnaissance minutieuse qui a révélé un grand nombre de structures du Camp Retranché de Paris, remarquablement bien conservées. De plus, une exceptionnelle prospection aérienne faisant appel à la technologie de télédétection par laser dite Lidar (Light Detection and Ranging – Localisation et détection par laser), leur a permis de cartographier en détail le relief du massif forestier de Montmorency et de faire apparaître le réseau de tranchées et les vestiges de pièces d’artilleries, avec une incroyable précision. Cette étude, qui a bénéficié d'un concours financier important de la Direction régionale des Affaires culturelles et de son service régional de l’archéologie, va permettre aussi d’identifier et de protéger tout autre élément du patrimoine archéologique du secteur. À cela s’ajoute l’étude par les Archives départementales et son pôle de l’inventaire du patrimoine du bâti qui borde le sentier des Lisières.

En dehors des zones boisées, les vestiges du Camp Retranché de Paris ont souvent été remblayés et érodés, notamment par les travaux agricoles, mais ils se révèlent parfois à la faveur de photographies aériennes ou de chantiers d’archéologie préventive.

L’exposition se conclut avec une présentation du site du Haut-Tertre de Taverny, dans la forêt de Montmorency, où une équipe du musée archéologique du Val d'Oise a fouillé une fortification de l’âge du Bronze et une occupation gauloise. Des siècles ont passé quand une batterie de canon du Camp Retranché de Paris a été installée sur la levée monumentale protohistorique, conférant à ce lieu une étonnante persistance de sa vocation militaire.


Une exposition réalisée en partenariat

Porté par une dynamique nationale, le Département du Val d’Oise a lancé en 2014 le projet culturel, pédagogique et scientifique « Vivre entre le front et Paris, la Grande Guerre dans l’actuel Val d’Oise », qui a reçu le label de la Mission nationale du centenaire.

Dans ce cadre, l’exposition "1914-1918. Le Camp Retranché de Paris. La forêt mobilisée dans le Val d'Oise" vous invite à découvrir les fortifications érigées au début du xxe siècle pour protéger la capitale. Cette exposition, soutenue financièrement par la Mission du centenaire, est le fruit d’un partenariat original et inédit entre le Conseil général, à travers son Service d’archéologie, et l’Office national des forêts. Elle a bénéficié de la collaboration de la direction des Archives départementales et du musée archéologique du Val d’Oise, et d'une aide de la Direction de la Mémoire du patrimoine et des Archives du ministère de la Défense, et de la Direction régionale des Affaires Culturelles.


Une exposition itinérante

Treize panneaux illustrés de cartes et d’images d’archives ou de documents scientifiques actuels, présentent l’effort déployé pendant la Grande Guerre pour la défense de Paris et nous font découvrir un patrimoine historique et archéologique méconnu. Cette exposition est appelée à circuler à travers le Val-d’Oise, associée à des animations et des ateliers pédagogiques dans les collèges ainsi que des visites commentées sur le terrain.

Pour toute information concernant sa réservation auprès du Service départemental d'Archéologie du Val-d'Oise, cliquer ici.

Patrice Rodriguez, Service départemental d'archéologie du Val-d'Oise
Direction de l'Action culturelle du Val-d'Oise


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