L'Hôpital auxiliaire n°287 pendant la Grande Guerre

L'ouverture

Affichage plein écran  - <p class="description">Salon transformé en dortoir, dépôt de l'asso. La Poëze branche Harambure, [1914-1920], ADVO, 6J 127.</p>

Salon transformé en dortoir, dépôt de l'asso. La Poëze branche Harambure, [1914-1920], ADVO, 6J 127.

La France est en guerre depuis le mois d’août 1914. Au 1er octobre 1914, l'hôpital auxiliaire 287 ouvre officiellement ses portes. J. Cornudet, député de Seine-et-Oise, avec la collaboration de l'association des Dames françaises, l'une des trois branches de la Croix Rouge, transforme son hôtel particulier, situé au 115 avenue Henri Martin à Paris, en hôpital auxiliaire. Avec ses 40 lits, l'établissement est considéré comme une annexe. L'hôpital auxiliaire n°8 de Clichy s’en sert d'ailleurs comme d’une structure satellite.  Le rez-de-chaussée de l'hôtel est aménagé. Résidant dans deux salons, dits noir et rouge, les blessés peuvent se promener aussi bien dans les jardins que près du bois de Boulogne.

L'annexe possède une chambre d'isolement pour les patients atteints de troubles névrotiques, une salle d'opérations, une autre servant au service administratif, un bureau pour le médecin chef et un dépôt mortuaire avec une petite chapelle. Les soldats ont à leur disposition une salle de bain, une salle de douche, un vestiaire, un grand réfectoire et à leur service des cuisines. En outre, une salle est spécialement à l'usage des religieuses de l'ordre des hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve. Seules les sœurs et les malades vivent dans l'ambulance.


Le personnel : "laver, panser, consoler et aider à mourir"

Affichage plein écran Cl. Tcherniak, dépôt de l'association La Poëze branche Harambure. - <p class="description">[1914-1920], ADVO, 6J 127.</p>

[1914-1920], ADVO, 6J 127.

L'hôpital n'est pas le territoire exclusivement réservé aux personnels soignants. A leur côté, un personnel administratif encadre l'établissement. L'intendant, ici J. Cornudet, assure la bonne marche de l'annexe. Néanmoins, une présence régulière est difficilement envisageable. Circulant entre Neuville-sur-Oise (Val-d'Oise), où il habite et dont il est maire, et Paris, assumant ses devoirs de député et ses visites au front, il délègue principalement ces tâches à sa secrétaire et à l'infirmière surveillante supérieure et adjointe de l'Administrateur.

Les soins sont dispensés par les religieuses de Saint-Thomas de Villeneuve assistées par des infirmières et des bénévoles. Le médecin chef et le chirurgien ne sont pas continuellement sur les lieux, leurs présences n'étant pas nécessaire.


Les aides financières : entre subventions et donations

L'hôpital survit des subventions données par le ministère de la Guerre et l'Association des Dames françaises. Cependant, elles ne sont pas suffisantes pour subvenir entièrement à leurs besoins. Cet établissement, comme les autres, vit de l'aide des comités locaux et du don des particuliers. J. Cornudet, en plus d'avoir mis son hôtel privé à la disposition de l'Association, a financé de sa fortune personnelle l'hôpital. En effet, il a pris à sa charge l'aménagement de son hôtel en hôpital et a continuellement investi ses ressources dans l'hôpital pendant toute la durée du conflit : d'octobre 1914 à aout 1917, sur un total de 72 127.95 francs de dépense, il y a investi 20 082.80 francs.


Le traitement des blessés

Affichage plein écran Détente pour les blessés, dépôt de l'asso. La Poëze branche Harambure - <p class="description">[1914-1920], ADVO, 6J 127.</p>

[1914-1920], ADVO, 6J 127.

Le « 287 » n'a pas la capacité de recevoir un grand nombre de blessés ou de procéder à de lourdes opérations chirurgicales. Il s'agit avant tout d'un petit hôpital auxiliaire avec peu de personnels accueillant les soldats qui après avoir subi des opérations importantes viennent y finir leurs convalescences pour repartir au front, s'ils ne sont pas réformés. L'établissement a principalement recueilli la majorité de ces patients pendant les périodes de guerre de mouvements, de 1914-1915 puis pendant les grandes offensives de 1918.

Il a arrêté d'accueillir des blessés à partir du mois de décembre 1918, le nombre de pensionnaires allant en diminuant jusqu'à la dernière évacuation le 22 janvier 1919. Au total, il a permis de soigner 502 militaires et déplora 7 décès, mettant tous les moyens en œuvre pour le bien être de ces patients en dispensant des soins de qualité.

Clémentine Sanchez, étudiante Master 2 Histoire contemporaine, Université de Cergy-Pontoise

Pour en savoir plus

Fonds d'archives :

Fonds Cornudet. [6J]

Bibliographie :

THEBAUD, Françoise, Les Femmes au temps de la guerre de 14, Paris : Editions Payot et Rivages, 2013, 479 p. [BIB Universitaire Nanterre S 77399]

LARCAN, Alain, FERRANDIS, Jean-Jacques, Le Service de Santé aux Armées pendant la Première Guerre mondiale, Paris : Editions LBM, 2008, 596 p. [BIB Universitaire Nanterre O 268261]

QUENECH’HDU, Jean-Luc, OLIER, François, Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918, Louviers : Edition Ysec, Tome 2, 2010, 319 p. [BIB Universitaire Nanterre UH 470 OLI]

QUENECH’HDU, Jean-Luc, OLIER, François, Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918, Louviers : Edition Ysec, Tome 3, 2010, 331 p. [BIB Universitaire Nanterre UH 470 OLI]

DELAPORTE, Sophie, Les Médecins dans la Grande Guerre, 1914-1918, Paris : Edition Bayard, 2003, 222 p. [BIB Universitaire Nanterre O 238418]



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