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Un jardin japonais dans le Val-d'Oise

Torii, « là où sont les oiseaux » © Conseil départemental du Val-d’Oise – Collection ARPE / Photo Pierre Gaudin. Élément indissociable du temple shinto, ce portique dépourvu de porte balise la limite entre la sphère profane où vit l’humanité et la sphère sacrée des kami, omniprésents dans l’archipel nippon.

Jardin japonais, bassin oriental, ancien sanatorium d'Aincourt, cl. Pré-Inventaire Val-d'Oise, 1986, ADVO, 2468 W 169.

Le sanatorium d’Aincourt a été construit dans le parc de la Bucaille (73 hectares) au début des années 1930, en pleine épidémie de tuberculose. Deux des trois pavillons en béton armé sont aujourd’hui inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Un amoureux des jardins japonais

Le docteur Henri Hamon (1913-2011), qui a dirigé l’établissement de 1951 à 1982, est un amoureux des jardins Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt. Convaincu de l’influence bienfaisante qu’un tel environnement pourrait avoir sur ses malades, il intègre un jardin d’inspiration japonaise au programme de transformation du sanatorium en centre hospitalier de rééducation.
Pendant deux ans, M. Yoshikazu Hasegawa, premier secrétaire de l'Ambassade du Japon en France lui enseigne les rudiments du shintoïsme, religion animiste fondée sur le respect des kami, gardiens tutélaires des montagnes, des forêts ou des eaux… S’aidant de reproductions de jardins iconiques de l’archipel, il lui explique les principales règles du Sakuteï ki, un rouleau calligraphié à la fin du XIIe siècle qui décrit les principes à respecter pour disposer les pierres offertes par les agriculteurs du voisinage : violer ces règles risquerait d’éveiller la colère des kami, les respecter permet de s’attirer leurs bonnes grâces.

Un certain parcours

Créé de 1973 à 1978 entre le pavillon des Cèdres et celui des Tamaris, le jardin japonais d’Aincourt se visite d’une certaine façon. Au lieu de franchir le Torii, mieux vaut s’engager dans la forêt vosgienne peuplée de pins noirs d’Autriche et de cyprès chauves, au-dessus d’un empilement de dalles que colonisent les fougères. On admirera sans l’emprunter l’allée délimitée par des lanternes et bornée au nord par le Torii, avant de cheminer au cœur du jardin qui respire le calme et la sérénité. 
Il s’organise d’est en ouest, autour de deux bassins reliés par un étroit canal qu’enjambe un pont de bois peint en rouge. Les cannes de bambous, les lances des graminées et les touffes d’hostas se mirent dans l’eau tranquille, sous la frondaison légère des érables du Japon, les genévriers taillés en nuages, les feuilles frissonnantes des bouleaux et des saules et celles, vernissées, des camélias et des rhododendrons…
Toutefois, de subtiles modifications distinguent le paysage terrestre du paysage aquatique reflété dans l’eau d’où émergent des pierres plus ou moins hautes et moussues. Dans le bassin occidental, une petite cascade murmure à une « oreille » de grès. Deux îles reposent à la surface du bassin oriental : la plus petite, en forme de grue, symbolise le Yang mâle ; la plus grande, en forme de tortue, est le symbole femelle du Yin.

Michel Jourdheuil, Mission Jardins, Direction de l'Action culturelle, Conseil départemental du Val-d'Oise
Avril 2018

Pour en savoir plus

Dossier d'inventaire sur le sanatorium d'Aincourt ou centre médical La Bucaille, 1986, ADVO, Dossier 2511 W 66. 
Sanatorium d'Aincourt
Groupement hospitalier intercommunal du Vexin 
Parc de La Bucaille – Aincourt
www.ghi-vexin.fr/parc_bucaille 

Pour vous inscrire à la 13e édition de la journée départementale des jardins envoyer un message à : jardins@valdoise.fr

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