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Le livre le plus lourd de la bibliothèque pèse 7,2 kg

Le livre le plus lourd, 2018, ADVO.

Page de titre de l'ouvrage, 2018, ADVO.

Un auteur reconnu et passionné

Écrit par Léon Palustre (1838-1894), historien d’art, archéologue et fervent défenseur des monuments historiques, « La Renaissance en France » présente l’ensemble des édifices construits au XVIe siècle sur le territoire national. Pour cet ouvrage, résultat de laborieuses recherches et de longs voyages dans toutes les régions de France, l’auteur reçoit en 1889 le prix Marcellin Guérin décerné par l’Académie française. Ce prix annuel, créé en 1872,récompense les livres et écrits produits en histoire, en éloquence et dans tous les genres de littérature, et dont les propos honorent la France.

Le tome 2 de l’ouvrage en trois volumes de Léon Palustre, « La Renaissance en France », est le livre le plus lourd conservé aux Archives départementales du Val-d’Oise. Avec ses 7,2 kg pour un format de 46 x 34cm, il est certes mille fois plus léger que le plus lourd livre au monde (7 tonnes et 2 mètres de haut pour quatre millions de règlements fiscaux brésiliens), mais demeure un document d’exception tant par son poids que par sa richesse historique et esthétique.

Un projet ambitieux pour une collection inachevée

Léon Palustre s’associe au graveur et dessinateur Eugène Sadoux (1841-1906) pour illustrer ses textes et à la maison Quantin, éditeur-imprimeur spécialisé dans les ouvrages d’art, pour les publier. Son projet est de diviser le pays en cinq grandes régions (Nord, Ouest, centre, Midi, Est) et de présenter les édifices religieux, les châteaux, les maisons, les fontaines, les puits…Chaque édifice est présenté sous forme de monographies avec les noms des commanditaires ou des architectes ainsi qu’une description dans un contexte historique géographique et artistique. Ces volumes sont illustrés de lettrines imprimées en deux couleurs (rouge et noir) et de gravures à l’eau forte sur chine entrecollé dans le texte. Ils sont imprimés sur papier de Hollande. Malheureusement par manque de moyens financiers, seuls trois tomes paraîtront entre 1865 et 1875. Le volume 1 présente la région Flandre-Artois-Picardie-Ile-de-France, le volume 2 la région Ile-de-France-Paris-Normandie et le volume 3 la Bretagne, le Maine, l’Anjou, le Poitou, l’Angoumois et la Saintonge.

Le volume 2 consacré en partie à la Seine-et-Oise

Le volume 2 est divisé en plusieurs parties. Trois concernent l’Ile-de-France : la Seine-et-Oise, la Seine (première partie) et la Seine (Paris). Deux parties sont consacrées à la Normandie. Le livre comporte une table analytique des tomes 1 et 2 ainsi qu’une table des matières et une table des gravures. Parmi les quatre-vingt-seize gravures hors texte et dans le texte insérées, treize évoquent le Val-d’Oise. L’auteur décrit les principales églises de la Renaissance, situées au Mesnil-Aubry, à Magny-en-Vexin, Vétheuil, Belloy, Pontoise. Le château d’Ecouen, œuvre de l’architecte Jean Bullant, inspire à Léon Palustre une observation d’un grand intérêt qui occupe dix pages accompagnées de cinq gravures. La cheminée du manoir d’Omerville dont une gravure est représentée retient l’attention de l’auteur sur quelques lignes, tout comme la statue d’Anne de Montmorency.

Une reliure restaurée dans notre atelier

Les trois volumes de l’ouvrage ont été restaurés par l’atelier de reliure des Archives départementales du Val-d’Oise selon différentes étapes: plaçure, couture, corps de l’ouvrage, couvrure, finissure, dorure. Ils sont recouverts d’une couverture en demi-coin avec cuir demi chagrin de couleur rouge. Le plat est rempli d’un papier marbré avec une tranchefile  le tout fait main . La tranchefile est faite de fils de trois couleurs et la pièce de titre est dorée à l’ancienne. Les gravures sont insérées dans du papier vergé. Ce type de papier était originairement préparé dans un cadre ou un moule. La pâte à papier était alors étalée sur un tamis dont le fond était renforcé par des fils qui laissaient, par la suite, leur marque sur le papier. C’est ce qui donne son nom au papier vergé car il présente de nombreuses « vergeures » que l’on peut apercevoir par transparence. C’était jusqu’au XVIIIe siècle le papier chiffon le plus courant ; il est devenu au cours du XIXe siècle un papier de luxe.

Christine Blazic, Service des Publics
Juillet 2018

Le sujet vous intéresse ?

PALUSTRE, Léon,  L’Architecture de la Renaissance. Paris : Librairies-Imprimeries réunies, 1892, 352 p. [BIB VL8/153]

Conseil général du Val-d’Oise, Musée archéologique départemental du Val-d’Oise,  Aspects méconnus de la Renaissance du Val-d’Oise. Paris : Editions d’art Somogy, 1998, 312 p. [BIB 4/1486]

DENIEUL-CORMIER, Anne,  La France de la Renaissance. Paris : Arthaud, 1963, 510 p. [BIB 8/1221]

REGNIER, Louis, La Renaissance dans le Vexin et dans une partie du Parisis. Pontoise : Imp. Paris, 1886, 102 p. [BIB F7]

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